Rencontre : Jérôme BESSE, directeur technique


"L’humain compte beaucoup. Moi ce que j’aurais envie de faire passer c’est que dès que l’on sait que l’on est programmé dans un lieu il faut se préparer très en amont. L’important c’est de beaucoup anticiper."


Hello Jérôme, pourrions nous commencer par une rapide présentation ?


Je suis dans le spectacle depuis 1997. J’ai fait l’Ecole du Grim-Edif à Lyon qui forme les techniciens du spectacle. Je suis sorti régisseur lumières en 1997, après j’ai été intermittent pendant 3 ans en tant que régisseur lumières et électronique, sur des plateaux de théâtre. J’ai fait beaucoup de théâtre comme entre-autre le festival d’Avignon. En 2000, j’ai intégré un théâtre à côté de Lyon, à Oullins, le Théâtre de la Renaissance en tant que régisseur plateau pendant 3 ans avant de passer régisseur principal. En 2010 j’ai eu l’opportunité de rentrer au Ninkasi en direction technique.


Quelle est la mission d'un directeur technique ?


Pour faire simple, j’ai un directeur artistique qui s’occupe de la programmation, moi je suis là pour mettre en place techniquement tout ce qui est programmé dans chacune de nos salles, de nos enseignes. Je veille donc à ce que toute la technique marche sur tous ces lieux, mais j’ai aussi un rôle important de ressources humaines avec le recrutement des équipes et leur management. Enfin, je m’occupe de ce qui est de l’ordre du bâtiment. D’un point de vue de la sécurité, forcément, mais aussi de l’accueil autant du public, des artistes et des techniciens afin que tout se passe dans les meilleures conditions.


Concernant la technique, comment un groupe émergent devrait préparer une date ?


L’humain compte beaucoup. Moi ce que j’aurais envie de faire passer c’est que dès que l’on sait que l’on est programmé dans un lieu il faut se préparer très en amont. L’important c’est de beaucoup anticiper. Plus on sait les choses à l’avance, plus l’accueil sera facilité de part et d’autre. Si la fiche technique est hyper importante, c’est surtout la prise de contact qui prime, c’est pour cela que j’ai tout de suite parlé de l’humain. Il faut prendre contact dès que possible avec l’ensemble des personnes qui vont s’occuper de vous dans la salle.


Qu'en est-il de la fiche technique ?


Pour un groupe émergent je pense qu’il leur faudrait en fait plusieurs cartes dans leur jeu. Moi je proposerais de se dire : je suis un groupe émergent donc je suis susceptible de faire soit des festivals soit des premières parties, soit une tête d’affiche, soit des co-plateaux. Je vais donc avoir besoin de plusieurs fiches techniques avec des configurations différentes que je sortirai en fonction de tel ou tel cadre. Il est primordial de se renseigner en amont sur la salle, sur la taille de la scène, etc, pour pouvoir s’adapter au mieux et donc adapter ses fiches techniques à chaque lieu.


Et du rider ?


Le rôle du rider est d’énumérer tout ce qu’on a envie d’avoir dans la salle. Veut-on avoir un petit stand de merchandising au fond de la salle ? Quelle taille doit-il avoir? Peut-on le partager avec un autre groupe ? Est-ce que l’on a une loge privative ? Dans cette loge, qu’est-ce que l’on veut ? Voila l’enjeu n’est pas forcément de copier le rider de Muse par exemple, pour paraitre professionnel, il faut être mesuré, raisonnable.


... Du plan de scène ?


Ce que je disais tout à l’heure, l’exigence c’est aussi être précis. Il faut du coup être le plus précis possible sur un plan de scène : la batterie sera à tel endroit et pas à un autre, elle sera surélevée ou pas grâce àdes praticables, etc. Plus on est précis en amont, plus les techniciens vont préparer le plateau avant l’arrivée du groupe et moins il y aura de négociations à faire.


... et des lumières ?


Techniquement, la plupart du temps on monte la lumière avant le son. Si il y a des exigences esthétiques concernant telles couleurs ou tel type de lumières, tel type de faisceaux ou telle direction, ça peut être bien de préparer une sorte de scénario en donnant des directives, des souhaits, morceaux par morceaux. C’est toujours la même chose, plus le technicien lumière aura eu des informations précises en amont, plus lui aussi aura pu programmer ou rentrer un show dans la console. L’accueil sera encore meilleur, et nous éviterons la scène du chanteur qui vient pendant les balances en disant : « et tu vois là… »


Merci beaucoup Jérôme, aurais-tu un dernier conseil pour nos groupes émergents ?


Moi ce que je conseillerais à un groupe émergent c’est de n'avoir qu’un seul interlocuteur. Soit il y a un membre du groupe qui a une fibre plutôt technique, et qui maitrise le langage adapté, soit d’intégrer dans l’entourage du groupe un régisseur qui collecte toutes ces infos (en général c’est un régisseur son) et qui assure l’interface technique entre le groupe et la salle.

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